Skip to main content
Quarterly economic outlook main
• 4 juin 2021

Jeudi, les Services économiques TD ont publié leur Bulletin économique trimestriel. On y aborde plusieurs sujets d’actualité concernant les perspectives économiques, en commençant par les progrès réalisés dans la lutte contre la pandémie à l’échelle mondiale, le rythme de vaccination et d’autres nouvelles liées à la politique budgétaire. Ensuite, on examine les marchés immobiliers nord-américains en pleine effervescence où le faible inventaire est un facteur clé de la montée en flèche des prix. Les contraintes de l’offre ne touchent pas seulement l’immobilier, mais poussent rapidement à la hausse les prix des produits de base et l’inflation générale. Vous trouverez ci-dessous une sélection de questions tirées du rapport.



Les cas de COVID-19 se stabilisent dans les économies avancées, mais sont en forte hausse dans les marchés émergents. Quelles en sont les conséquences pour l’économie mondiale?

Étant donné que les nouveaux cas diminuent dans la plupart des économies avancées, la réouverture de l’activité économique est de plus en plus au centre des préoccupations. La plupart des économies avancées devraient connaître une croissance solide au deuxième semestre de cette année, grâce à la distribution généralisée des vaccins et aux politiques de soutien.

En Europe, le début lent de la campagne de vaccination (à l’extérieur du Royaume-Uni) a permis à une troisième vague du virus de frapper dans plusieurs pays. Celle-ci semble maintenant s’estomper. De plus, le fonds de relance de l’UE entrera en vigueur au cours de l’été, ce qui raffermira la reprise.

Par ailleurs, malgré le soutien des installations COVAX, les taux de vaccination des marchés émergents sont nettement inférieurs à ceux des économies avancées, ce qui a entraîné de fortes hausses des cas, qui n’ont plafonné que récemment (graphique 1). Au Brésil et en Inde, la vague actuelle du virus s’est révélée être la pire à ce jour, submergeant les systèmes de soins de santé et incitant les autorités à introduire de nouvelles restrictions et des mesures de confinement. Ces pays seront probablement les plus lents à se rétablir. Or, comme le Brésil et l’Inde sont des puissances régionales, leur ralentissement influera aussi sur le rétablissement d’autres pays de la région.

La Chine – la seule grande économie à avoir enregistré une croissance positive l’an dernier – a terminé sa reprise en V. La croissance chinoise est maintenant en baisse, les autorités ayant délibérément resserré la politique monétaire afin d’orchestrer un retour à une trajectoire plus équilibrée. Le ralentissement en Chine, qui n’est pas une surprise, faisait partie du plan d’action naturel. Les économies de l’Europe et de l’Amérique du Nord obtiendront sûrement les mêmes résultats, une fois qu’elles auront atteint le même stade de reprise qu’en Chine.

Les risques économiques sont plus équilibrés qu’il y a quelques mois. Le maintien des restrictions, les nouveaux variants du virus, la réticence à se faire vacciner et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement demeurent les principaux risques de baisse de la croissance à court terme. Toutefois, la production et la distribution de vaccins font de solides progrès. Cette situation, conjuguée aux politiques de soutien additionnelles dans certaines grandes économies et à l’épargne excédentaire, offre un contrepoids positif.

Comment progresse la distribution des vaccins en Amérique du Nord et à l’échelle mondiale?

À l’échelle mondiale, la vaccination s’est intensifiée en Europe, mais reste nettement inférieure à celle de l’Amérique du Nord, car seulement 32 % de la population européenne ont été vaccinés jusqu’à maintenant. Ailleurs, la distribution de vaccins dans la plupart des pays émergents reste faible (les Émirats arabes unis et le Chili sont des exceptions notables) et continue d’accuser du retard par rapport aux économies avancées. Au rythme actuel, il faudra attendre au moins jusqu’au milieu de 2022 pour que la plupart des marchés émergents vaccinent 70 % de leur population. Certains marchés émergents à faible revenu pourraient même devoir attendre jusqu’au début de 2023 pour atteindre cette cible.

De plus, on craint maintenant que certains marchés émergents doivent recommencer la vaccination, selon les vaccins auxquels ils ont eu accès. Les Seychelles étaient considérées comme le pays le plus vacciné au monde, 72 % de sa population étant entièrement vaccinés. Pourtant, le nombre de nouveaux cas d’infection a bondi au début de mai, et on a dû réimposer un confinement. Le gouvernement des Seychelles et l’OMS ont déclaré que la majorité des personnes ayant obtenu un résultat positif n’avaient pas été vaccinées ou n’avaient reçu qu’une seule dose. Malgré tout, alors que des tests sont effectués, on soupçonne que les vaccins Sinopharm et AstraZeneca administrés aux Seychelles offrent moins de protection, en particulier contre certaines souches comme celle détectée pour la première fois en Afrique du Sud. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Afrique du Sud a cessé d’utiliser le vaccin AstraZeneca.

Aux États-Unis, l’opération s’est concentrée sur les vaccins à ARNm, dont la distribution rapide a atteint un sommet de plus de 3,2 millions de doses administrées quotidiennement au début d’avril (graphique 2). Bien que le taux de vaccination ait diminué depuis à environ de 1,0 millions de personnes par jour, l’administration Biden maintient son objectif de donner au moins une dose à 70 % des adultes américains d’ici le 4 juillet.

Jusqu’à présent, 41 % de la population américaine ont été entièrement vaccinés et près de la moitié a reçu au moins une dose. Maintenant que les populations plus âgées et plus impatientes de se faire vacciner l’ont été, le processus nécessitera de plus grands efforts. Les États sont déjà en train d’assouplir leurs restrictions, ce qui pourrait avoir pour effet involontaire de réduire l’urgence parmi la population non encore vaccinée, compte tenu, en particulier, des signes manifestes d’un ralentissement important de la propagation du virus.

Selon un sondage effectué à la fin d’avril, la proportion d’Américains non vaccinés qui seraient prêts à être vaccinés était de 36 %, soit le chiffre le plus faible parmi les économies avancées. D’autres rapports soulignent que la volonté de se faire vacciner varie considérablement à l’intérieur du pays, des États comme Hawaï, la Californie, Washington ainsi que ceux dans le Nord-Est étant fortement en faveur de la vaccination, tandis que le reste du pays y l’est généralement moins. Ces différences à l’échelle du pays constituent un obstacle à l’atteinte de l’immunité collective et expliquent les efforts déployés pour offrir des incitations économiques à la vaccination. Par exemple, l’Ohio a annoncé une loterie hebdomadaire d’un million de dollars pour les personnes vaccinées au cours des cinq semaines suivantes, et d’autres États offrent des billets à des parties de baseball ou d’autres cadeaux pour attirer les gens.

Le plan de vaccination du Canada a suivi une stratégie consistant à promettre moins et à obtenir plus de résultats. Après un début d’année d’une lenteur pénible, le taux de vaccination d’une première dose de 60 % au Canada est maintenant supérieur à celui de x,x % aux États-Unis (graphique 3).

Toutes les provinces, à l’exception du Manitoba, ont récemment publié des plans de réouverture. Le plan de l’Ontario se démarque, représentant l’approche la plus conservatrice. La première étape du plan commence le 14 juin. Certains fournisseurs de services pourraient ne pas ouvrir avant la fin juillet, au plus tôt. Par conséquent, le redressement de l’économie ontarienne jusqu’à son niveau d’emploi d’avant la crise pourrait prendre plus de temps.

Par rapport aux États-Unis, le Canada accuse un retard dans l’administration de la deuxième dose (6,0 % contre 41 %) en raison du délai plus grand entre les doses, qui peut aller jusqu’à quatre mois. Selon les lignes directrices officielles, tous les adultes disposés à se faire vacciner le seront entièrement d’ici au début de l’automne. Toutefois, comme le Canada s’attend à recevoir de 48 à 50 millions de doses cumulatives d’ici à la fin de juin, la progression pourrait être plus forte que prévu.

De plus, la réticence à se faire vacciner semble être moins fréquente au Canada. Selon les données de l’Imperial College sur le comportement à l’égard de la COVID-19, 21,1 % de la population adulte non vaccinée du Canada refuseraient de recevoir un vaccin si on le leur offrait, comparativement à un taux de 28,2 % aux États-Unis. Par conséquent, le Canada pourrait acquérir plus facilement une immunité collective, à condition d’appliquer une stratégie plus tactique en ce qui concerne la réouverture des frontières avec les pays qui ne remplissent pas cette exigence.

Quand peut-on s’attendre à une normalisation des marchés de l’habitation aux États-Unis et au Canada?

Les ventes de maisons aux États-Unis ont atteint un sommet en 14 ans vers la fin de l’année dernière, mais elles ont considérablement diminué depuis. Le thème dominant est la pénurie de stocks.

Les stocks de maisons à vendre se chiffrent actuellement à un peu plus d’un million, ce qui représente un creux record et une baisse de près de 30 % par rapport à l’an dernier. L’offre limitée a entraîné une forte appréciation du prix des maisons, et les principaux paramètres sur 12 mois sont tous à deux chiffres (graphique 6).

Les constructeurs ont accéléré la construction de maisons, ce qui devrait offrir un répit quant à la progression des prix. Toutefois, la hausse des coûts des intrants représente un autre défi. Par exemple, les coûts du cuivre et du bois d’œuvre ont monté en flèche; à cause de la cherté du bois d’œuvre, notamment, une maison unifamiliale neuve coûte environ 36 000 $ de plus en moyenne. La conjoncture de marché tendue accroît la probabilité que les coûts soient transférés aux consommateurs.

De plus, comme la tendance des taux hypothécaires est à la hausse, les problèmes d’accessibilité risquent de se faire sentir davantage au cours des prochains trimestres. Il pourrait en résulter une réorientation d’une partie de la demande vers le marché locatif, en particulier chez les ménages à faible revenu et les personnes dont l’emploi nécessite d’être présent physiquement dans une zone urbaine densément peuplée (p. ex., celles qui travaillent dans les secteurs des loisirs et de l’hôtellerie). Les données sur la location et la recherche d’appartements en ligne indiquent déjà l’émergence d’une demande de logements locatifs plus conforme au schéma habituel dans les centres urbains.

Au Canada, nous affirmons depuis longtemps que le rythme effréné de l’activité immobilière est insoutenable. Après d’autres sommets atteints par les ventes et les prix au premier trimestre, les chiffres ont fortement diminué en avril.

Au Canada, les ventes d’habitations ont fléchi de 13 % en avril, sous l’effet des fortes baisses en Colombie-Britannique et en Ontario. La chute de la demande s’est également fait sentir sur le prix moyen des maisons, qui a diminué de 4 % au cours du mois. Toutefois, une grande inconnue est la mesure dans laquelle la troisième vague de la pandémie a eu une incidence négative sur ces données, et le résultat pourrait s’avérer temporaire.

Même après leur baisse en avril, les ventes et les prix sur ces marchés demeurent exceptionnellement élevés. Au cours des prochains mois, les données indiqueront plus clairement si le repli d’avril n’était qu’une pause ou le début de la tendance au ralentissement.

Pour le deuxième semestre de 2021, nous continuons de prévoir une baisse des ventes d’habitations en raison du resserrement des règles de simulation de crise, de la diminution de l’accessibilité (graphique 7) et de la légère hausse des taux d’intérêt. Toutefois, les prix des maisons devraient rester robustes, en particulier sur le marché des maisons isolées, compte tenu des stocks structurellement limités et de l’amélioration attendue sur le marché du travail.

Quelle est l’incidence des perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales sur les États-Unis et le Canada?

Les coûts d’expédition élevés et les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales entraînent des retards de production chez les fabricants américains, freinent la production et exercent une pression à la hausse sur les prix à la consommation, juste au moment où la demande pour ces produits a bondi. Étant donné le caractère mondial des chaînes d’approvisionnement, jusqu’à ce que la pandémie se résorbe partout dans le monde, ce genre de pénuries et de perturbations risque de persister.

Un exemple bien connu est la pénurie mondiale de semi-conducteurs, qui freine la production de véhicules automobiles aux États-Unis depuis le début de l’année. Les assemblages de véhicules automobiles se sont légèrement améliorés en mars, mais ils restent inférieurs d’environ 13 % à leur niveau moyen des six mois précédant la pandémie. Parallèlement, la demande des consommateurs pour les véhicules a fortement rebondi, ce qui a fait chuter le ratio des stocks de détail par rapport aux ventes à un très bas niveau (graphique 8). Si les problèmes de production persistent, cela pourrait réduire le rythme des ventes de véhicules à l’avenir.

Les prix des véhicules neufs ont augmenté plus tôt au cours de la pandémie, mais leur progression n’est que de 1,6 % par rapport aux niveaux d’avant la pandémie (février 2020). Par contre, les prix des véhicules d’occasion ont grimpé de plus de 20 % depuis le début de la pandémie, tendance probablement attribuable à la nouvelle offre limitée chez les concessionnaires ainsi qu’au refus des consommateurs de modifier leurs marques et leurs modèles préférés.

Plusieurs sociétés américaines ont annoncé des hausses de prix en réponse à l’augmentation des coûts des matières premières. Par exemple, le fabricant d’électroménagers Whirlpool augmentera progressivement de 5 % à 12 % ses prix au moins jusqu’à la fin de juin. De son côté, le conglomérat américain Proctor & Gamble a déclaré que ses hausses de prix se situeraient entre 5 % et 10 % et qu’elles entreraient en vigueur à la mi-septembre. Ainsi, la question n’est pas de savoir « si », mais « quand » ces éléments nouveaux se répercuteront sur l’inflation selon l’IPC.

Par ailleurs, les entreprises sont déjà en train de réduire leur dépendance aux chaînes d’approvisionnement mondiales. Cela les rendra moins vulnérables, mais pourrait aussi avoir pour effet de faire augmenter les prix à moyen et à long terme pour elles-mêmes et pour les consommateurs. Cela pourrait aussi rendre les exportateurs moins concurrentiels.

Il en va de même pour le Canada. La pénurie mondiale de semi-conducteurs a entraîné un ralentissement de la production dans le secteur de l’automobile. Depuis décembre 2020, les ventes des fabricants de véhicules automobiles et de pièces de rechange ont chuté de 14 % et de 7 % respectivement.

Les fabricants puisent dans leurs stocks existants pour faire face à ces pénuries d’intrants. Les stocks du secteur de la fabrication de matériel de transport sont à leur plus bas niveau depuis le milieu de 2019, en raison d’une baisse des stocks restants de matières premières et d’autres fournitures. Il faudra probablement encore plusieurs mois pour résoudre ces problèmes d’approvisionnement. Entre-temps, la réouverture de l’économie risque de continuer à alimenter la pression sur les prix dans ces secteurs.

Vous voulez en savoir plus sur perspectives?
Commentaires de Bharat Masrani sur les récents événements survenus à London, en Ontario
Le racisme envers les Asiatiques m’a poussé à demander aux autres d’apprendre mon vrai nom
Bharat Masrani: Nous sommes de tout cœur avec les communautés autochtones