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Par Brian DePratto
• mars 24, 2020

Par Brian DePratto
Économiste principal

Le premier ministre Justin Trudeau a tenu une conférence de presse ce matin pour annoncer une nouvelle mesure de réponse à la COVID-19 : la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

Introduite hier par un projet de loi, la PCU remplace deux mesures instaurées il y a une semaine (voir commentaire), soit l’Allocation de soins d’urgence et l’Allocation de soutien d’urgence. La PCU est axée sur le remplacement du revenu; ainsi, il n’est pas nécessaire qu’une personne ait perdu son emploi pour en faire la demande, mais plutôt qu’elle ait subi une perte de revenu pendant au moins 14 jours en conséquence de la pandémie. La PCU offrira jusqu’à 2 000 $ par mois pendant jusqu’à 16 semaines. Au maximum, la PCU couvrira le revenu perdu entre le 15 mars et le 3 octobre de cette année.

Le premier ministre a indiqué qu’il espère que le système de demande sera prêt le 6 avril, et que les paiements seraient envoyés dans les 10 jours.

Il est important de souligner qu’il semble que la PCU sera administrée à l’extérieur du régime d’assurance-emploi. Selon le communiqué de presse du ministère des Finances, « le régime d’assurance-emploi n’a pas été conçu pour traiter le volume sans précédent de demandes reçues au cours de la dernière semaine ». En principe, cela devrait simplifier le processus de demande.

Le ministre des Finances Bill Morneau a également pris la parole ce matin. Il a noté qu’avec la nouvelle approche, le gouvernement prévoit que le soutien économique direct annoncé jusqu’à présent totalisera 52 milliards de dollars, le double du montant de 27 milliards communiqué précédemment.

Principales conséquences

La simplicité est une bonne chose, et étendre le soutien du revenu aux personnes qui ont perdu des heures de travail, mais qui sont toujours employées, représente un ajustement qui est le bienvenu. La multiplication par deux des mesures annoncées aujourd’hui devrait faciliter l’accès à du soutien pour tous les travailleurs touchés et, ainsi, aider au retour à la normale une fois la pandémie derrière nous.

Et la marche sera haute : comme mentionné dans la mise à jour de nos prévisions, l’économie canadienne vit en ce moment un bouleversement sans précédent dans l’histoire moderne. La réponse à la pandémie porte un coup très dur à l’économie. Aucune entreprise n’aurait pu prévoir un tel choc, et une réponse de nature économique est donc nécessaire. Compte tenu des paroles du premier ministre et du ministre des Finances au cours des dernières semaines, nous nous attendons à ce que d’autres mesures soient prises prochainement.

Un domaine clé qui nécessite toujours une attention particulière est celui des PME. Les mesures annoncées aujourd’hui, ainsi que le soutien offert par la Banque de développement du Canada et Exportation et développement Canada, devraient faciliter le recours à des horaires dits « zéro heure » et à des techniques similaires. Cependant, comme le note la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, la détresse des PME est intense. Nous espérons donc que des dispositions supplémentaires seront prises pour s’assurer que les entreprises dont les travailleurs ont été mis à pied existent encore après que les mesures visant à contrôler la pandémie auront été levées.

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