Mon parcours dans les services bancaires a commencé par un catalyseur inattendu : une facture de carte de crédit. Quand j’étais étudiante à l’université, j’ai obtenu une carte de crédit, malgré ce qu’en pensait mon père. Lorsque la facture est arrivée à échéance, je me suis rendu compte que je n’avais pas l’argent pour la payer. Cette situation d’urgence financière m’a amenée à obtenir un poste de caissière à temps partiel dans une banque, mettant ainsi en place une carrière que je n’avais jamais envisagée.
À l’époque, ma compréhension des services bancaires se limitait à ce que je voyais dans une succursale. Je n’avais aucune envie de gravir les échelons, principalement parce que je ne voyais personne qui me ressemblait dans des postes de direction. Toutefois, quand j’étais caissière, j’entendais souvent parler d’un programme de perfectionnement en gestion. Intriguée, j’ai fait des recherches à ce sujet et j’ai finalement décidé de poser ma candidature. Le programme m’a permis d’acquérir une compréhension approfondie des services financiers et, avec le recul, je peux dire qu’il a été le tremplin de ma carrière.
Ma progression dans l’entreprise
À mes débuts dans le secteur, j’ai occupé plusieurs postes au sein de diverses banques américaines, désireuse d’élargir mon expertise. Cependant, j’ai rapidement réalisé que la représentation dans les services financiers était rare : j’étais souvent la seule femme noire dans la pièce. Au début, j’ai hésité à rechercher du mentorat, car je croyais que les personnes qui n’avaient pas le même vécu que moi risquaient de ne pas comprendre mon parcours. J’ai donc demandé de l’aide à mon père, qui est devenu mon premier mentor.
Ses conseils étaient accompagnés d’attentes élevées. Il me rappelait souvent que je devais être dix fois meilleure que mes pairs pour que ma candidature soit prise en considération pour les mêmes occasions d’emploi. Cette pression était immense, mais je l’ai utilisée comme motivation pour atteindre l’excellence. En tant que femme noire issue d’une famille sans relation d’affaires américaine, j’ai dû tracer ma propre voie. L’excellence n’était pas une option, c’était une nécessité.
Après plus de 20 ans d’expérience dans les services financiers, j’ai atteint un point charnière. J’avais acquis de l’expérience dans tous les domaines que je jugeais essentiels et je me sentais prête pour un nouveau défi. J’avais toujours été intriguée par les services-conseils. Bon nombre de mes pairs universitaires avaient été recrutés par de prestigieuses sociétés d’experts-conseils qui, à l’époque, ne recherchaient pas de professionnels comme moi. Plutôt que d’attendre une invitation, j’ai pris les choses en main et j’ai lancé ma propre société d’experts-conseils.
Le plein contrôle sur ma carrière
Ma carrière d’experte-conseil a pris son envol et j’ai eu le privilège de travailler avec des clients du monde entier, dont la TD. Je m’épanouissais et j’étais profondément passionnée par mon travail. Plus important encore, c’est pendant cette période que j’ai appris à me faire valoir. Pour moi, être audacieuse signifie de se battre pour quelque chose, et je me suis battue pour moi-même.
J’ai bâti ma carrière à partir de rien et j’ai réussi. Voir une femme noire exceller dans sa profession surprenait de moins en moins, et ce progrès était puissant.
En raison de mon travail auprès de la TD, Ed Clark, ancien chef de la direction de la TD, et Tim Hockey, ancien président et chef de la direction de TD Canada Trust, m’ont invitée un jour à dîner et m’ont dit : « Nous pourrions vraiment tirer parti de vos compétences, surtout dans le secteur numérique. Nous serions ravis de vous avoir à la TD à temps plein ».
J’ai rapidement pris ma décision. J’admirais déjà la culture, les gens et les occasions de croissance à la TD. J’ai fait le saut. Quatorze ans plus tard, j’y suis encore.
Si je considère mon parcours à la TD comme ma « deuxième carrière » dans le domaine des services financiers, c’est surtout parce que j’y suis arrivée avec une nouvelle perspective : ma valeur personnelle n’était définie par personne d’autre et ne dépendait d’aucune validation externe. Il m’a fallu des années pour réaliser cela, et cette ancienne façon de voir m’a longtemps empêchée d’avancer au début de ma carrière.
Aujourd’hui, en tant que haute dirigeante responsable de l’élaboration de la stratégie numérique, de l’innovation, de l’excellence opérationnelle et de l’écosystème des paiements de la TD, je prends au sérieux mon rôle de mentore et de défenseure. Lorsque je constate la plus grande représentation à tous les échelons, je repense à la jeune femme que j’étais il y a 20 ans, découragée et isolée. Aujourd’hui, cette femme serait fière.
Cela dit, même si nous avons réalisé des progrès (que nous devrions célébrer), il reste beaucoup de travail à faire. Les femmes noires sont toujours confrontées à des préjugés, à des stéréotypes et à un manque de visibilité dans les milieux de travail. Le parcours est loin d’être terminé.
L’importance d’offrir du mentorat et de redonner
L’une des leçons les plus importantes que j’ai apprises, c’est que le mentorat ne se limite pas aux personnes comme moi. Nous pouvons tous et toutes apprendre des expériences et des points de vue des autres, ce que je ne réalisais pas pleinement plus tôt dans ma carrière. Aujourd’hui, je vois les choses différemment.
Le perfectionnement des autres me tient vraiment à cœur. En tant que leader, je crois en la transparence, et je fais preuve d’honnêteté dans mon mentorat. Quand on me demande conseil, je donne une rétroaction directe et constructive, car je tiens à ce que ce soit utile pour réussir. J’enseigne aux personnes que je mentore que le monde ne les définit pas, mais qu’elles se définissent elles-mêmes. Mon objectif est d’aider les autres à trouver leur voix et à se défendre, en particulier les gens qui hésitent à s’exprimer.
Je redonne entre autres à titre de coprésidente du programme Expérience des Noirs de la TD, où nous nous efforçons de célébrer la contribution des Noirs, d’amplifier notre voix et de relever les défis auxquels nous continuons de faire face.
J’encourage tout le monde à faire preuve d’audace, à prendre position sur ce qui compte. Mon mari disait souvent à nos enfants : « si vous ne vous tenez pas debout pour quelque chose, vous tomberez pour tout ». J’applique ce principe, et je me sers de ma plateforme pour apporter des changements significatifs.
Je ne refuse jamais d’aller prendre un café avec quelqu’un, quel que soit son poste au sein de la TD. Je me souviens de ce que je ressentais quand j’étais une jeune professionnelle à la recherche de conseils, et je veux m’assurer que personne d’autre ne ressent cela.
Nous changeons l’histoire une étape à la fois, ensemble.
Si je peux aider les autres à se sentir reconnus, j’ai fait mon travail. Pour moi, l’excellence n’est pas une option. L’est-elle pour vous?