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Cindy 4
• 26 mai 2026

En tant que réfugiée vietnamienne ayant grandi en Ontario, Cindy (Mach) Mitchell entendait toujours le même message : soit aussi canadienne que possible.

« Je suis très fière de mon identité vietnamienne et des traditions qui m’ont été transmises. Toutefois, à mon arrivée au Canada, je ressentais une pression immense de devoir m’intégrer pour réussir », explique Cindy, qui travaille à la TD depuis 17 ans et occupe aujourd’hui le poste de directrice d’affaires, Technologie et Solutions à l’échelle mondiale.

Cindy avait cinq ans quand son grand-père a pris l’initiative de fuir le Vietnam en bateau avec sa famille pour échapper à la guerre. Après plusieurs mois passés dans un camp de réfugiés en Thaïlande, ils se sont installés à London, en Ontario, grâce au parrainage d’une église locale.

Cindy et les membres de sa famille ont d’abord séjourné dans un motel, échangeant de l’or qu’ils avaient cousu dans leurs vêtements contre des biens de base, chacun se nourrissant d’un œuf dur et d’un muffin par jour.

Des photos et des récits familiaux témoignent de cette arrivée au Canada, mais Cindy n’en garde aucun souvenir.

Elle se souvient, en revanche, de la pression de devoir s’assimiler, d’être responsable, de faire passer les autres avant elle et de ne jamais, au grand jamais, faire d’erreurs.

La dualité d’une identité

À force de déployer des efforts pour s’intégrer, Cindy s’est progressivement éloignée de ses racines culturelles. Elle affirme qu’elle se sentait souvent comme la personne la moins vietnamienne dans la pièce.

« Il y a eu des périodes où je voulais être plus canadienne, et d’autres où j’aurais voulu être plus vietnamienne », confie-t-elle.

Si elle a oublié une grande partie de sa langue maternelle, Cindy affirme qu’elle n’a jamais cessé d’adorer les plats vietnamiens.

« Mes enfants plaisantent en disant que les seuls mots vietnamiens que je connais sont liés à la nourriture, dit-elle. J’ai inconsciemment délaissé ma culture. »

Très tôt, Cindy a ressenti la pression de devoir satisfaire des ambitions professionnelles tout en respectant les normes de la communauté vietnamienne.

« On m’a appris qu’au travail, la réussite se mesure par la stabilité financière et des réalisations concrètes, explique-t-elle.

À la maison, les normes de ma communauté exigeaient plutôt que je devienne femme au foyer, que je me conforme aux standards de beauté culturels et que j’adopte une posture de service. »

Cindy a passé sa vie à chercher son identité culturelle, à tenter de concilier son héritage aux valeurs canadiennes et à redéfinir ce que veulent dire la réussite et l’épanouissement pour elle.

Toutefois, son impression de n’appartenir à aucun de ces mondes la tiraillait. Ce n’est que plus tard dans sa carrière qu’elle a commencé à renouer consciemment avec ses origines.

« Après avoir rencontré d’autres collègues panasiatiques à la Banque, j’ai commencé à redéfinir et à réaffirmer des facettes de mon identité », raconte-t-elle.

Trouver son identité et sa communauté au travail

À la TD, Cindy a rencontré d’autres Vietnamo-Canadiens confrontés à des conflits intérieurs similaires.

« J’ai réalisé que nous étions nombreux à être victimes du syndrome de l’imposteur et à avoir l’impression de vivre entre deux mondes », explique-t-elle.

Motivée par cette expérience commune, Cindy est devenue membre fondatrice puis coprésidente du Réseau des employés vietnamiens de la TD, un groupe-ressource pour les employés (GRE). Elle a créé un espace fondé sur les relations humaines, la représentation et le sentiment d’appartenance.

Ce qui avait commencé comme une façon de renforcer le sentiment de communauté s’est transformé en quelque chose de plus profond : un parcours vers la visibilité, non seulement pour les autres, mais aussi pour elle-même.

« J’espère encourager d’autres collègues panasiatiques de la TD à comprendre leur valeur, à défendre leurs intérêts et à briguer des postes de direction – ou à viser toute forme de réussite qu’ils pensaient hors de portée », affirme-t-elle.

Grâce au Réseau des employés vietnamiens de la TD, Cindy a aussi commencé à réfléchir sur la marque qu’elle laissait. Après avoir aidé à poser les bases du GRE, elle passe aujourd’hui le flambeau pour faire place à de nouvelles voix, tout en continuant de soutenir la communauté qu’elle a contribué à bâtir.

« J’ai moi-même pu profiter de la communauté collaborative née des GRE panasiatiques. Je suis fière de ce que nous avons bâti. C’est aussi une responsabilité : celle de favoriser l’évolution de cette démarche et de permettre à d’autres de prendre les rênes en toute confiance. »

Cindy a à cœur d’utiliser son leadership pour aider les autres, surtout les femmes panasiatiques, à reconnaître leur mérite, à prendre leur place et à occuper des espaces où ces personnes seront vues et entendues.

Apprendre à faire preuve de bienveillance envers soi-même

Aujourd’hui, Cindy entame un nouveau chapitre axé sur l’introspection, l’autocompassion et le pouvoir de choisir.

Mère monoparentale de deux adolescents biethniques, elle souhaite montrer l’exemple et aider les autres à définir une vision de la réussite plus large, inclusive, pertinente et propre à l’unicité de chacun.

Cindy explore ce que signifie être une Vietnamo-Canadienne pleinement authentique.

« Au travail, c’est de valoriser les femmes et de leur faire comprendre qu’elles ont autant leur place dans un poste de direction qu’à la maison, où elles sont à la fois cheffe de la direction, de l’information et des finances du foyer », explique-t-elle.

Son évolution se reflète aussi dans ses réalisations. En effet, Cindy est coorganisatrice du gala du Nouvel An lunaire de la TD, un événement annuel qui met à l’honneur les traditions vietnamiennes, coréennes et chinoises auprès de plus de 1 600 collègues.

Elle a aussi reçu à deux reprises le prix Ligue d’excellence de la TD, qui récompense les résultats exceptionnels des meilleurs collègues dans la dernière année.

Pour Cindy, la réussite ne se limite plus à ses réalisations personnelles. Elle souhaite contribuer à ouvrir des portes aux autres.

« J’espère qu’en racontant mon histoire et en continuant d’exercer un leadership authentique, j’aiderai d’autres collègues panasiatiques à se voir plus facilement dans des espaces dont ils n’auraient peut-être jamais rêvé », conclut-elle.

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