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• 8 févr. 2019

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Grant McDonald

On entend parler d’innovation partout. Qu’est-ce que ça veut vraiment dire? On peut avoir des opinions différentes sur la forme que ça prend. Mais s’il y a bien un domaine de l’innovation qui se développe dans un certain nombre d’institutions financières, c’est l’IA. À TD Assurance, l’IA fait partie de notre histoire depuis des années. En 2018, on a acquis Layer 6, une entreprise en démarrage d’IA et d’apprentissage automatique qui constitue l’épine dorsale des efforts de la Banque en matière d’IA.

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Grant McDonald

Aujourd’hui, on mène des initiatives importantes comme le lancement d’IA Prisme TD, récompensé pour notre IA responsable, et qui vise une valeur annuelle d’un milliard de dollars. Mais on se situe où à l’échelle mondiale? C’est là qu’intervient l’indice IA d’Evident. Il classe 50 des plus grandes banques mondiales en fonction de leur adoption de l’IA. Je m’appelle Greg McDonald. Dans cet épisode d’Investir dans l’IA présenté par TD invente, on parle avec Alexandra Mousavizadeh, cofondatrice et cocheffe de la direction d’Evident, de ce que révèle l’indice et de la direction que prend le secteur.

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Grant McDonald

Alexandra, merci beaucoup de vous joindre à nous. Vous avez un parcours tellement unique que j’aimerais en savoir plus. Parlez-nous un peu de vous, de votre expérience avant Evident, et de votre parcours.

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Alexandra Mousavizadeh

Merci beaucoup pour l’invitation. Je vous appelle depuis Londres, où il pleut beaucoup en ce moment. C’est une bonne question. À quel moment souhaitez-vous que je remonte? Je peux commencer par le début, si vous voulez. Donc, mon parcours. Comme vous, et peut-être certains auditeurs, le savez, on a lancé Evident il y a trois ans.

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Alexandra Mousavizadeh

J’en suis cofondatrice et cocheffe de la direction. On est les premiers à classer publiquement les institutions financières selon leurs progrès en matière d’IA. Donc, les progrès qu’elles réalisent en investissant dans tous les catalyseurs, les catalyseurs d’IA d’une entreprise; on regarde les résultats, le rendement du capital investi qui en découle et le déploiement au sein de la banque.

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Alexandra Mousavizadeh

On s’intéresse aussi aux compagnies d’assurance, aux plateformes de paiement, à la gestion d’actifs, etc. Je me suis lancée dans le domaine de la mesure du développement et du déploiement de l’IA quelques années avant, après avoir conçu le premier indice mondial de l’IA. J’ai comparé les pays en fonction de leur solidité et de leurs écosystèmes d’IA.

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Alexandra Mousavizadeh

J’ai comparé les États-Unis à la Chine, au Canada, à Singapour, au Royaume-Uni, etc. J’ai conçu cet indice en 2018, avant que l’IA devienne le sujet principal des médias comme c’est le cas actuellement. On en parlait, c’était intéressant, mais les médias ne parlaient pas que de ça.

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Alexandra Mousavizadeh

Avant ça, j’ai passé toute ma carrière dans la création d’indices. J’ai passé de nombreuses années au sein de l’équipe Sovereign de Moody’s. Je faisais partie de l’équipe qui évaluait la Russie et l’Asie centrale, dans les années 90. J’ai également couvert le Moyen-Orient, l’Europe et de nombreux autres endroits.

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Alexandra Mousavizadeh

J’ai ensuite occupé un poste vraiment semblable au sein de Morgan Stanley. Mais avant cela, j’étais à Copenhague. J’ai un diplôme en mathématiques, en économie, et je me suis spécialisée en théorie des jeux. Très peu de gens s’y intéressaient à l’époque, au milieu des années 80, mais la boucle est en quelque sorte bouclée.

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Alexandra Mousavizadeh

Avec les mathématiques et la théorie des jeux, avec une connaissance approfondie de la création de repères, j’ai passé les huit dernières années à vraiment approfondir ce qu’est un écosystème d’IA solide, d’abord au sein des pays et maintenant dans les entreprises.

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Grant McDonald

C’est fascinant d’entendre votre parcours. Je suis curieux de savoir à quel moment vous avez décidé que vous pouviez lancer quelque chose de nouveau. J’aimerais en savoir un peu plus sur le début de cette histoire. Et sur ce qui vous a vraiment poussé à lancer Evident.

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Alexandra Mousavizadeh

La raison est que nous étions, à ce moment-là, en plein débat national pour savoir qui était en tête de la course aux technologies émergentes, et de l’IA, en quelque sorte. On a donc établi ce classement national en 2018. On voyait bien que ça commençait à devenir une priorité pour les gouvernements.

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Alexandra Mousavizadeh

Le gouvernement canadien a lancé la première stratégie en matière d’IA en 2016. Elle a été suivie par celle de Singapour, puis de la Chine, et fin 2019, je crois, environ 40 pays avaient une sorte de stratégie précise en matière d’IA. Après avoir passé toutes ces années à réfléchir à ce que ça signifie d’exceller dans quelque chose d’aussi précis par rapport à d’autres périodes de transformation technologique comme l’arrivée d’Internet

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Alexandra Mousavizadeh

à la fin des années 80, début des années 90, c’était très spécifique. Ça demandait des types de dépenses, de talents et d’environnement précis et propices au progrès de la conception et du déploiement de l’IA. Mais le point de bascule du lancement d’Evident a été quand plusieurs grandes banques aux États-Unis ont en fait pensé : Attendez une seconde, on dépense tellement d’argent dans notre budget technologique – des milliards et des milliards –, et une grande partie sert à « changer la banque », pas seulement à « gérer la banque ».

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Alexandra Mousavizadeh

Une grande partie est consacrée aux technologies émergentes, principalement l’IA. On voit aussi un intérêt croissant pour l’IA quantique, qu’on suit aussi. Quand plusieurs personnes nous ont demandé : « Pourriez-vous appliquer la méthodologie que vous avez conçue à l’échelle nationale à nous, en tant que banques?

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Alexandra Mousavizadeh

Pourriez-vous l’appliquer aux entreprises? » J’avoue que lorsque j’ai reçu cette demande pour la première fois, je me suis dit : « Je ne suis pas sûre que ce soit possible. », mais en recevant la 5e demande, je me suis dit : « Attends une seconde, je dois regarder ça. » On a ensuite passé un certain temps, environ neuf mois, à développer la méthodologie pour les banques.

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Alexandra Mousavizadeh

Vous savez, ce n’est pas une mince affaire de s’attaquer à un sujet aussi sensible que celui de l’évaluation du positionnement d’une grande entreprise, sur quelque chose d’aussi existentiel que l’IA. On a senti qu’on était allé si loin dans ce domaine, dans ce monde de la mesure de l’IA, à un point tel qu’on était convaincus que, si quelqu’un pouvait y arriver, ce serait nous.

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Alexandra Mousavizadeh

Ce serait notre équipe qui y arriverait. Et il y avait vraiment un besoin pour ça. Mais la décision était aussi très motivée par la conviction que pour avancer dans le déploiement de l’IA, il fallait être transparent sur ce qui se passait, sur les pratiques gagnantes, sur ce que faisaient les meilleures entreprises, et sur ce que les autres pourraient en tirer.

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Alexandra Mousavizadeh

Lorsque vous investissez dans ce domaine, on aide tout le monde à ne pas gaspiller l’argent, l’argent consacré à l’IA. On aide l’entreprise à s’orienter, pour être vraiment efficace. Au bout du compte, on essaie vraiment de soutenir l’adoption de l’IA, car, à mon avis, il y a trois courses à l’IA en cours.

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Alexandra Mousavizadeh

Il y a une course géopolitique. Qui est en train de la gagner? La Chine? Les États-Unis? La deuxième course est celle des entreprises technologiques qui tentent de créer l’intelligence artificielle générale (IAG), une course très médiatisée. Puis, la course la plus importante à mon avis est celle de l’adoption par les entreprises.

00:08:14:07 - 00:08:35:05

Alexandra Mousavizadeh

Car en fin de compte, tout dépend de la capacité d’adopter l’IA au niveau organisationnel. C’est là que vous allez débloquer la croissance. Vous allez obtenir des gains de productivité. Vous allez obtenir les bases du progrès et de la prospérité des pays, s’ils le font comme il faut.

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Alexandra Mousavizadeh

Donc, les personnes et les entreprises qui apprennent à utiliser l’IA, et les pays qui encouragent l’apprentissage et l’adoption de l’IA, sont ceux qui réussiront. C’est aussi ce qui m’a motivée à lancer Evident, pour contribuer à cette adoption.

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Grant McDonald

C’est tellement intéressant d’entendre que l’IA ne fonctionne qu’avec les humains. C’est en quelque sorte l’essentiel et l’un des aspects les plus importants. Quand vous avez commencé à parler à plus de gens de l’IA, et que vous êtes dans ce domaine, vous comprenez beaucoup mieux. Si on repart en 2016 ou 2017, vous aviez une bien meilleure connaissance de l’IA que la plupart des gens, je pense.

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Grant McDonald

Quand avez-vous réalisé que l’IA était différente, qu’il y avait un aspect beaucoup plus transformateur à ce sujet par rapport à d’autres technologies? Je suis sûr qu’on compare toujours l’IA à Internet. J’aimerais savoir où vous avez vu cette différence et comment vous avez vu les gens commencer à comprendre lentement ce que représentait l’IA.

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Alexandra Mousavizadeh

C’est tout à fait logique quand on repense à l’ère d’Internet, car le débat sur l’emploi – « Est-ce qu’Internet tuera ou créera des emplois? » – ce débat précis sur les préoccupations concernant l’incidence d’Internet sur la main-d’œuvre était très répandu à l’époque.

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Alexandra Mousavizadeh

Il y avait les mêmes débats où on disait que ça affecterait les méthodes d’apprentissage, que ça perturberait l’enseignement, que ça supprimerait des emplois. On pourrait dire que, oui, ça a eu des répercussions négatives, notamment sur les réseaux sociaux.

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Alexandra Mousavizadeh

On peut dire que ce genre de connaissances collectives et la capacité à les partager n’ont fait que renforcer nos capacités, et aussi notre éducation. Le débat sur les pertes d’emplois était très important à l’époque. Si vous examinez les données, avec le recul, il existe plusieurs études à ce sujet. Pour chaque million d’emplois perdus, cinq millions ont été créés.

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Alexandra Mousavizadeh

On constate en quelque sorte la même chose dans cette transformation. Je pense qu’on est dans une situation très différente et qu’il s’agit sûrement d’une technologie beaucoup plus révolutionnaire. Si on regarde l’IA générative, avant novembre 2022, quand on a lancé le premier ChatGPT. L’IA était bien présente, n’est-ce pas? Les institutions financières utilisaient l’IA depuis des décennies, il y avait l’IA traditionnelle d’apprentissage automatique, etc. Ça convenait très bien à certaines parties d’une entreprise, d’une banque ou d’une société de gestion d’actifs, etc. Et tout à coup, l’IA générative fait son apparition. Ça n’allait pas seulement toucher une partie d’une entreprise,

ça allait toucher l’ensemble de l’entreprise. Parce que normalement, l’IA peut résoudre certains problèmes de type « si cette condition se produit, alors… ». C’est très linéaire. Tout à coup, on se retrouve avec un autre type d’IA qui consiste à générer des connaissances. Un outil gratuit,

qui rassemble l’information, qui ne vous donne pas une réponse linéaire, mais un exemple de bonne réponse. Plus il est entraîné, mieux il y parvient. En combinant les deux types d’IA, déterministe et non-déterministe, ça couvre tout, en quelque sorte. Quand les capacités de l’IA générative s’imposeront et que cette IA se déploiera parallèlement, bien sûr, à l’IA traditionnelle, on atteindra un point de bascule où l’IA sera présente dans tous les recoins d’une entreprise.

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Alexandra Mousavizadeh

Elle fera tout. On n’est encore qu’aux prémices de cette transition, ça prendra probablement quelques années avant que ça ait vraiment une incidence sur les résultats. On commence à voir des cas d’utilisation. On commence à voir que ça a une incidence.

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Alexandra Mousavizadeh

Mais on n’est qu’aux prémices des flux de travail de l’IA générative. Une fois qu’on aura réellement atteint cet objectif, c’est là qu’on verra, en quelque sorte, l’étincelle s’allumer et qu’on va atteindre ce point de bascule qui va être complètement transformateur. C’est donc différent. C’est un autre type de transformation,

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Alexandra Mousavizadeh

beaucoup plus révolutionnaire, à mon avis. Il y a aussi l’IA quantique qui se profile à l’horizon, qui sera probablement dix fois plus puissante en matière de pouvoirs révolutionnaires, parce qu’on aura soudainement deux types d’IA combinés à une incroyable capacité de calcul, qui seront capables de faire des choses qui dépassent complètement notre imagination actuelle.

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Alexandra Mousavizadeh

On n’est pas tout à fait dans l’ère quantique, il nous reste peut-être quelques années avant d’y arriver, mais tout semble indiquer qu’on y arrive. Selon moi, le monde sera très différent dans cinq à sept ans.

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Grant McDonald

C’est fascinant, vraiment fascinant. J’adore discuter avec des experts en IA comme vous. Je leur demande souvent quand a été le point de bascule. Tout le monde répond « novembre 2022 ». C’est exactement là où la conversation commence et où ils ont vu ce changement arriver. J’aime l’idée que nos esprits ne soient même pas capables d’imaginer où ça pourrait aller. J’aimerais aborder la maturité de l’IA et à quoi ça ressemble, pour vous, lorsque vous essayez de comprendre comment établir les différentes normes que vous suivez, et comment vous les utilisez pour évaluer les banques?

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Alexandra Mousavizadeh

Bien sûr. Il y a deux aspects à la mesure de la maturité. L’un consiste à examiner les investissements dans les capacités. De quoi avez-vous besoin comme entreprise pour exceller? Vous avez besoin de talents, exact? On examine donc de très près les talents de l’entreprise.

Ensuite, on regarde les investissements et tous les leviers d’innovation exploitables : est-ce que vos équipes font des recherches, qui alimentent la compréhension de la résolution d’un problème précis. Certains le font au moyen de la recherche, d’autres déposent une demande de brevet. Puis il y a tout l’écosystème d’investissement dans les entreprises d’IA pour avoir accès à ce savoir-faire ou la collaboration avec des fournisseurs pour résoudre les problèmes à l’interne.

Enfin, on examine la composition de la direction de cette entreprise très axée sur l’IA. On le voit dans la composition du comité de direction,

dans le récit de l’entreprise. Le positionnement externe est en fait très important, pour que les actionnaires soient certains que l’entreprise est sur la bonne voie, qu’elle progresse dans ce domaine. C’est également un moyen d’attirer les talents nécessaires à la mise en œuvre. Ça revient donc à examiner le côté catalyseur de l’IA. Puis on analyse les résultats.

Comment l’entreprise traduit les investissements en facteurs de facilitation. Comment ça se traduit en résultats. On regarde ensuite où se trouvent les cas d’utilisation dans l’entreprise. A-t-elle réussi à réduire le délai de production? On regarde l’incidence, le rendement du capital investi, par rapport à l’échelle.

C’est donc une véritable approche à 360 degrés. On est entièrement guidés par les données. Avec cette approche axée sur les données, on comprend ce à quoi ressemble l’excellence, ce qu’il y a de meilleur et ce qui est vraiment basique. On dresse le portrait de la situation pour le présenter aux entreprises, pour montrer ce qui est basique et ce qui est avancé.

Ensuite, on évalue où se situent les entreprises par rapport à cela.

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Grant McDonald

Vous l’avez mentionné quelques fois. Je sais que les gens dans les salles de conférence du monde entier se demandent ce que le RCI apporte. Et je me demande toujours à quoi ça ressemble pour quelqu’un qui regarde autour de lui, qui ne connaît pas grand-chose à l’IA, mais qui voit que tout le monde semble être lié à l’IA.

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Grant McDonald

L’IA est présente dans les différentes campagnes marketing, dans des articles auxquels on n’aurait jamais pensé. Comment faire pour sortir du lot? C’est là que vous voyez une grande partie de votre valeur dans cet indice, et en quoi ça aide les entreprises et le grand public à mieux comprendre

ce qui est bon et peut-être moins bon.

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Alexandra Mousavizadeh

C’est vraiment la question. La plus grande question pour le chef de la direction, pour le conseil d’administration, pour la haute direction, c’est : « Où en est-on en tant qu’entreprise et qu’est-ce qu’une "bonne" entreprise? Où devrions-nous investir nos "dollars IA"? » « Combien devrait-on investir et à quoi ressemble une "bonne" entreprise? »

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Alexandra Mousavizadeh

C’est exactement ce qu’on peut montrer dans toutes ces données, les domaines où l’IA peut être utile. Comme je l’ai dit tout à l’heure, ça peut vraiment être utilisé partout, pour établir un ordre; par où commencer, où aller ensuite. Et qu’est-ce que l’excellence?

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Alexandra Mousavizadeh

En ce qui concerne la société, je pense qu’on doit tous contribuer à la définition de l’IA (ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas). Un débat a eu lieu à ce sujet ces dernières années. Je suis sûre que tous les auditeurs connaissent très bien le risque existentiel, et qu’on devrait vraiment craindre l’IA et mettre fin à la recherche.

00:20:02:16 - 00:22:02:15

Alexandra Mousavizadeh

On sait tous qu’il est impossible d’arrêter les progrès technologiques. C’est comme un train qui n’arrête pas d’avancer. En ce moment, la vitesse du train ne fait qu’augmenter. On doit donc bien comprendre les conséquences. Je pense qu’on doit discuter de l’incidence réelle sur la main-d’œuvre, des compétences requises,

du type de soutien politique que le gouvernement devrait apporter, dans l’ensemble, aux entreprises, pour les aider à progresser, à adopter l’IA de manière sûre. D’un point de vue sociétal, il est important de connaître toutes ces possibilités. Je suis très proche de cette technologie. Je suis très optimiste parce que je vois comment elle est mise en œuvre. Il y a, par nécessité, en particulier dans les établissements financiers, des limites de protection intégrées.

Personne ne veut mettre en place des outils et des capacités d’IA malveillants, qui suggèrent quelque chose aux clients, ou qui interagissent avec les clients d’une manière qui n’est pas bonne. Personne ne veut cela. N’est-ce pas? Donc, s’il existait un plan directeur pour n’importe quelle entreprise en matière de réglementation et de réflexion sur le déploiement, ce serait en fait les banques, parce qu’il y a une forte surveillance en matière de la gouvernance.

Il y a la première et la deuxième ligne de défense en matière d’architecture sécurisée. Des tests de validation sont effectués dans la deuxième ligne. Toutes les entreprises devraient suivre ce modèle. D’un point de vue sociétal, je pense qu’il est important que l’on communique, qu’on fasse tout notre possible pour mettre en œuvre ce modèle minutieusement. Il y a une grande réflexion derrière ces limites de protection intégrées.

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Grant McDonald

Vous avez récemment publié le troisième indice annuel sur l’IA d’Evident. Tout d’abord, félicitations. J’aimerais beaucoup que vous nous parliez des nouvelles tendances que vous observez, lorsque vous analysez l’évolution de l’IA, en particulier en ce qui concerne la maturité de l’IA au sein des banques.

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Alexandra Mousavizadeh

Je dirais que le résultat le plus frappant qui ressort du classement de cette année (2025), publié à la mi-octobre, C’était la croissance la plus rapide qu’on n’ait jamais vue dans le domaine de l’IA en trois ans. Ce n’est peut-être pas surprenant de voir un tel niveau d’activité, car on passe d’une phase de test et de réflexion sur le fonctionnement, les éléments à retenir, l’établissement des priorités, les talents requis

à cette phase de déploiement et d’analyse de l’incidence? Donc, ce n’est peut-être pas surprenant qu’on assiste à une très forte augmentation dans tous les domaines. Toutes les banques se sont améliorées, toutes les compagnies d’assurance aussi. Et ainsi de suite. Ce qui était vraiment intéressant c’était de voir que l’écart entre les entreprises chefs de file et celles à la traîne se creusait très rapidement.

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Alexandra Mousavizadeh

L’écart était tel qu’ils s’éloignaient les uns des autres. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on va atteindre un stade où il sera vraiment difficile de suivre le rythme parce que les grandes banques se lancent dans cet « effet de roue d’inertie » lié à la mise en place d’une structure organisationnelle qui permet d’agir très rapidement.

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Alexandra Mousavizadeh

Elles commencent à voir les résultats très rapidement. Elles peuvent donc réduire certains coûts de leurs opérations. Elles peuvent faire plus avec les mêmes moyens. On pourrait même dire qu’elles font plus avec moins. Elles augmentent donc leur part de marché. Tout ça commence maintenant à s’accélérer. Une entreprise qui n’a pas encore commencé sa stratégie en matière d’IA ou sa mise en œuvre aura besoin de plus de temps pour arriver à un point où elle pourra être compétitive.

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Alexandra Mousavizadeh

On arrive peut-être à un moment où rester dans la course, ou simplement maintenir sa position va devenir vraiment difficile. L’entreprise pourrait juste disparaître avec le temps. C’est préoccupant. Quand on parle des domaines où on pourrait voir des perturbations, je pense que ça concerne beaucoup plus les entreprises qui ne s’appuient pas sur l’IA qui font faillite.

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Alexandra Mousavizadeh

Ce ne sont pas les entreprises qui s’appuient sur l’IA, car ce sont en fait celles qui, même si elles parlent de réduire les coûts et de supprimer des emplois, les données montrent qu’en réalité elles augmentent leurs effectifs. Elles embauchent plus de talents dans l’IA, mais aussi de manière globale. Elles sont en pleine croissance. On voit apparaître beaucoup plus de nouveaux emplois, dans les entreprises qui s’orientent vers l’IA.

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Alexandra Mousavizadeh

Il faut arrêter de penser que se tourner vers l’IA réduit le nombre d’emplois. Je ne suis pas sûre que ce soit vrai. Les données de l’ère Internet montrent que plus on s’y intéresse, plus le nombre d’emplois diminue d’un côté, plus la création d’emplois augmente de l’autre.

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Alexandra Mousavizadeh

C’est, je pense, ce qu’on constate avec ces derniers ensembles de données : l’écart croissant entre les meilleures entreprises et celles à la traîne. On le constate aux États-Unis, mais aussi en Europe. Les plus grandes banques en Europe renforcent donc leur avance;

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Alexandra Mousavizadeh

celles à la traîne prennent plus de retard. Si on revient sur le sujet des pays en tête, les pays qui ne consacrent pas de temps ni d’argent à l’IA seront des preneurs, pas des créateurs. De même, du côté des pays qui adoptent l’IA, vous aurez ceux qui sont en tête et qui saisissent des parts de marché,

Alexandra Mousavizadeh

les autres pourraient avoir des difficultés à suivre le rythme à long terme.

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Grant McDonald

C’est un portrait assez clair de la situation. Ce que j’aime dans cet indice, c’est qu’il évalue également les sous-catégories. Vous examinez donc le leadership, l’innovation et bien d’autres choses encore. Un sujet qui nous intéresse est celui des talents en IA. J’aimerais donc avoir une idée de ce qui en ressort au sein d’Evident.

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Grant McDonald

Que dit l’indice à ce sujet et à propos de la course aux talents? Je pense que vous avez abordé ce sujet dans une certaine mesure, en disant que si vous investissez maintenant, vous pourriez voir une croissance de l’emploi. J’aimerais mieux comprendre votre point de vue sur les talents.

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Alexandra Mousavizadeh

Il y a donc cette guerre des talents, comme on le sait tous. La progression en matière d’adoption est liée aux compétences des talents. Selon moi, vos talents façonnent votre avenir. Il est donc extrêmement important de bien choisir vos talents.

Il y a donc une grande réflexion sur la manière dont les entreprises se présentent sous leur meilleur jour pour attirer les meilleurs talents. Ça implique beaucoup de choses. Avant tout, les entreprises réfléchissent vraiment à ce qui attire les meilleurs talents en IA. Il faut montrer qu’on est avant tout une entreprise d’IA.

Il faut montrer qu’on travaille vraiment sur des problèmes intéressants et que ça aussi, ça crée de la valeur. Donc, si vous venez travailler ici, vous aurez une incidence réelle. Mais le talent, c’est aussi ces gens qui cherchent à pouvoir faire des recherches qu’ils peuvent présenter lors d’une conférence universitaire, parce qu’il y a beaucoup de fierté dans ce travail, ou peut-être même pouvoir déposer un brevet, être avec des gens qui partagent les mêmes idées, être parmi leurs pairs. Une grande réflexion est consacrée au recrutement des talents, ce qui est bien différent

d’avant 2022. Je pense qu’à notre époque, on recherche des talents très spécialisés, qui ont des besoins très précis. On constate que c’est un élément vraiment important pour la capacité d’une entreprise à attirer des talents. Les talents ont des besoins qui évoluent constamment. Ce qu’il faut construire aujourd’hui est légèrement différent.

Ça prend des chefs de produit et des directeurs vraiment compétents qui peuvent arriver avec cet état d’esprit : « Repensons tout cela; comment ce processus fonctionne-t-il? Comment fonctionne-t-il actuellement? Comment puis-je le repenser complètement? » Cet état d’esprit est intégré dans les banques par les grandes entreprises technologiques.

On voit que ce flux venant des grandes entreprises technologiques augmente. La concurrence est rude, car le secteur technologique est très dynamique aussi. Souvent le salaire y est beaucoup plus élevé que dans les services financiers. La lutte est acharnée. Si on est dans une bulle, ce qui est peut-être le cas, on pourrait finir par avoir une fuite de ces talents, ce qui serait très bénéfique pour les services financiers.

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Grant McDonald

C’est tellement intéressant d’y réfléchir sous cet angle. Je me demande toujours, quand vous compilez les données de cet indice, vous avez une occasion unique d’analyser de près les pratiques en matière d’IA. Beaucoup de gens, pour une raison ou une autre, sont un peu hésitants à ce sujet. Ils ne savent pas s’ils veulent se lancer et ils s’inquiètent de rendre l’IA responsable.

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Grant McDonald

Comment les banques s’en sortent-elles, lorsque vous examinez ces tendances générales? Quelles caractéristiques les clients devraient-ils rechercher pour déterminer si une banque est bonne?

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Alexandra Mousavizadeh

C’est un débat intéressant, car déployer l’IA de manière responsable est en fin de compte, le plus important pour la banque elle-même, et pour la clientèle. Personne n’est plus soucieux de veiller à ce que l’IA soit déployée sécuritairement que les banques elles-mêmes. Je pense donc qu’on est dans une phase où l’IA responsable est presque considérée comme acquise. Les banques publient d’excellentes et d’importantes déclarations sur les principes qu’elles suivent, leurs structures de gouvernance pour s’assurer qu’il n’y a pas de biais,

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Alexandra Mousavizadeh

ce qui est très équitable. Mais je dirais que c’est vraiment une référence. Ces principes sont vraiment présents dans les services financiers. Ils ont donné lieu aux questions épineuses sur la gestion moderne des risques et la manière de concevoir la relation entre la première et la deuxième ligne de défense, avec une technologie qui ne fonctionne pas très bien dans une validation de modèle, car elle ne peut jamais produire le même résultat chaque fois, ce que la technologie traditionnelle faisait.

00:31:50:13 - 00:32:23:17

Alexandra Mousavizadeh

Il y a donc une grande réflexion sur la manière de faire évoluer nos structures de gouvernance pour l’IA générative, et un comportement précis de celle-ci. Pour l’instant, c’est un peu là où on en est. Une grande partie de l’IA a été utilisée pour s’assurer que les ensembles de données sur lesquels elle repose sont nettoyés pour éviter tout biais, garantir l’équité, et que les données aient une représentation complète.

00:32:23:19 - 00:32:40:14

Grant McDonald

Alexandra, je pourrais vous parler de ce sujet toute la journée. Vous avez des réponses fascinantes à toutes mes questions. J’aime toujours terminer l’entretien en demandant le message à retenir, car on veut que les gens repartent en ayant compris l’essentiel du message.

00:32:40:16 - 00:32:45:10

Alexandra Mousavizadeh

Est-ce que je peux dire 20 choses ou je dois seulement en dire une?

00:32:45:12 - 00:32:48:09

Grant McDonald

Nommez les trois plus importantes.

00:32:48:11 - 00:33:15:09

Alexandra Mousavizadeh

De notre point de vue, on disait souvent que les banques sont trop grandes pour faire faillite, et c’était vraiment le cas. Aujourd’hui on se demande s’il est trop tard pour rivaliser? Je pense que c’est quelque chose qui nous revient chaque jour, toute la journée : « Est-il trop tard pour rivaliser? », « Puis-je faire un bond en avant? ».

00:33:15:09 - 00:33:39:22

Alexandra Mousavizadeh

Je dirais qu’il y a effectivement une occasion de passer à l’action. Agissez vite. Mais je dirais que c’est une course. Donc je m’assurerais vraiment que, si ce n’est pas le cas, ce soit vraiment une priorité. Je pense aussi que l’une des choses nécessaires est un leadership solide.

00:33:40:00 - 00:34:15:10

Alexandra Mousavizadeh

On ne devrait pas sous-estimer le rôle des chefs de la direction dans ce domaine. C’est plus important que ce à quoi je m’attendais. Je pensais surtout aux chefs de la technologie et de l’information, mais si le message venant d’en haut est que c’est important, et que le message est clairement transmis au monde extérieur, et surtout à l’entreprise elle-même, que c’est le plus important, pour nous en tant qu’individus et pour l’entreprise.

00:34:15:11 - 00:34:37:07

Alexandra Mousavizadeh

Pour moi, c’est vraiment important. Il faut aussi se rappeler que les messages du chef de la direction et ceux de la haute direction sont très importants. On est également dans une phase d’exécution où la responsabilité est transférée à un niveau inférieur, aux responsables de secteurs d’activité.

00:34:37:08 - 00:35:00:13

Alexandra Mousavizadeh

Ça représente une énorme responsabilité qui pèse sur les épaules des responsables, des secteurs d’activité, de la haute direction, pas des cadres supérieurs, mais de la haute direction, qui assument un fardeau vraiment énorme. Il faut garder cela à l’esprit, c’est vraiment passionnant de réfléchir à la manière dont une fonction peut être différente.

00:40:32:16 - 00:40:53:10

00:35:00:15 - 00:35:21:08

On doit aussi doter cette haute direction de l’expertise, des experts à ses côtés, s’assurer qu’il y a du soutien, un budget, etc. pour se lancer dans cette aventure. Je pense donc que s’il y avait trois-quatre choses à retenir, ce sont celles-là.

00:35:21:14 - 00:35:27:06

Grant McDonald

C’est formidable. Alexandra, merci beaucoup d’avoir pris le temps de discuter avec nous aujourd’hui. Nous en sommes vraiment reconnaissants.

00:35:27:08 - 00:35:29:04

Alexandra Mousavizadeh

Merci beaucoup de l’invitation. Ça a été un plaisir.

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Transcription pour Le balado Investir dans l’IA, épisode 4

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