La banque centrale semble adopter une attitude attentiste, selon Maria Solovieva, économiste à la TD. L’incertitude persistante quant au prix du pétrole et aux perspectives des relations commerciales Canada–États-Unis incite la BdC à maintenir son taux inchangé afin d’observer l’évolution de l’économie. Le taux directeur reste inchangé, a annoncé aujourd’hui la Banque du Canada (BdC).
Pour la sixième fois consécutive, la banque centrale annonce aux Canadiens le maintien de son taux directeur à 2,25 %.
Dans son annonce, la BdC a déclaré : « L’économie canadienne montre des signes d’amélioration. La croissance se redresse et l’inflation devrait redescendre graduellement du pic atteint récemment. Des risques et incertitudes considérables persistent en ce qui a trait à la guerre au Moyen-Orient et à la politique commerciale américaine. »
Comment un maintien du taux directeur influence-t-il les emprunteurs canadiens?
Le taux directeur de la BdC sert de taux de référence aux institutions financières pour fixer les taux d’intérêt de leurs produits de crédit, comme les prêts hypothécaires et d’autres types de prêts.
Si la BdC abaissait ou haussait son taux, les titulaires de prêts hypothécaires à taux variable ou d’autres produits à taux variable verraient leur taux d’intérêt fluctuer. Lorsque la BdC maintient son taux, leur taux d’intérêt ne change généralement pas.
Les titulaires d’un prêt hypothécaire à taux fixe conservent le même taux pour toute la durée de leur prêt, donc les annonces de la BdC ne les touchent pas à cet égard.
Pourquoi la Banque du Canada maintient-elle encore son taux directeur?
Peu de choses ont changé dans l’économie depuis la dernière annonce de la Banque du Canada le 10 juin, explique Maria Solovieva, économiste à la TD.
Selon elle, la BdC continue d’évaluer les répercussions possibles des événements récents sur l’économie canadienne, notamment l’évolution des prix du pétrole (qui ont reculé par rapport à leurs sommets récents) et l’incertitude qui continue de peser sur les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis.
L’économie présente encore une certaine marge de manœuvre, explique-t-elle. Autrement dit, elle dispose d’une capacité excédentaire qui lui permet de croître, puisque les entreprises fonctionnent en deçà de leur potentiel et que l’offre de main-d’œuvre demeure supérieure aux besoins des employeurs. En d’autres termes, les entreprises peuvent accroître leur production sans se heurter à des pénuries généralisées ou à d’importantes contraintes d’approvisionnement, ajoute-t-elle.
Bien que cette marge inutilisée dans l’économie puisse sembler préoccupante à première vue, Maria Solovieva indique qu’elle donne aussi plus de latitude à la BdC.
Comme l’économie dispose encore d’une capacité excédentaire, le récent choc lié à la hausse des prix de l’énergie est jusqu’à présent resté relativement contenu, plutôt que de se traduire par une inflation généralisée ou une hausse des prix à grande échelle. La Banque du Canada peut donc maintenir son taux directeur inchangé tout en continuant d’étudier l’évolution de ces facteurs contradictoires.
La prochaine annonce de la BdC est prévue pour le 2 septembre.