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Food Forest Header
• 24 juin 2021

Pour les ancêtres de Glenna Cayen, protéger l’environnement et vivre des produits de la terre étaient un mode de vie.

La colonisation a toutefois eu comme répercussions de couper de nombreuses communautés autochtones de leur lien ancestral avec la terre. Cette déconnexion, jumelée aux pratiques agricoles modernes et industrielles, a entraîné la perte de nombreuses méthodes de production alimentaire, de chasse et de récoltes ainsi que des rapports commerciaux entre Nations.

Aujourd’hui, à titre de coordonnatrice du projet de forêt nourricière de Canadian Feed the Children (CFTC), Glenna Cayen contribue à raviver certaines pratiques traditionnelles grâce à la création de forêts nourricières à proximité de trois communautés autochtones rurales dans le centre de la Saskatchewan et le nord de l’Alberta.

Les forêts nourricières sont des milieux naturels autonomes planifiés par l’humain pouvant contribuer à fournir de la nourriture aux communautés locales. Il s’agit d’une technique de jardinage nécessitant peu d’entretien qui se fonde sur la disposition, la diversité, la durabilité et la résilience de l’écosystème naturel. L’idée générale est d’utiliser plusieurs strates d’arbres, d’arbustes et de plantes vivaces et annuelles pour fournir de la nourriture et des espaces verts aux humains ainsi qu’un habitat pour les insectes et les animaux sauvages.

Le prix à payer pour avoir de la nourriture saine est beaucoup plus élevé pour de nombreuses communautés autochtones rurales que dans les grands centres urbains. Les produits frais accessibles dans les marchés locaux sont souvent de piètre qualité, ou presque périmés, et hors de prix. Les coûts élevés et la rareté des ressources font en sorte que la quantité prévaut sur la qualité au moment des repas, ce qui entraîne des conséquences encore plus négatives sur la santé des communautés, locales et élargies.

Le but des forêts nourricières est de fournir éventuellement aux communautés un accès à des aliments de plus grande qualité ainsi qu’à des options plus saines et nutritives, contribuant ainsi à une sécurité alimentaire accrue, à une meilleure santé pour les gens, à l’actualisation des connaissances sur l’alimentation traditionnelle et à la création d’occasions d’entrepreneuriat axées sur la nourriture pour appuyer la souveraineté économique.

« Ces pratiques nous ont permis de survivre pendant des milliers d’années, et en ravivant les traditions autochtones, nous contribuons à prendre soin de la terre et des gens qui l’habitent également », explique Glenna.

Cliquez ici pour la version accessible.

Connaissances ancestrales dans un monde moderne

« Il était important pour les membres de ma communauté de créer une forêt nourricière, car ils étaient préoccupés par le développement agricole intensif, les habitudes d’utilisation des terres ainsi que par les répercussions des changements climatiques qui pourraient entraîner une rareté des ressources de la terre et la contamination des sources d’alimentation traditionnelle comme les baies, les arbres fruitiers et les animaux sauvages », explique Glenna.

En 2018, Glenna a dirigé le projet pilote de la Nation crie de Muskeg Lake, une forêt nourricière dans sa communauté, avec le soutien de Canadian Feed the Children (CFTC) et du financement de la Fondation TD des amis de l’environnement.

Ces idées innovatrices ont aujourd’hui mené à la création du Fonds TD pour les forêts nourricières des Autochtones du CFTC, qui a obtenu une subvention du défi TD Prêts à agir de 1 M$ CA en 2020. Ce défi est une initiative de La promesse TD Prêts à agir, la plateforme d’entreprise citoyenne de la Banque.

Dans le cadre de ce projet, Glenna soutient la création de trois forêts nourricières situées dans la Nation crie d’Ahtahkakoop, la Première nation de Whitefish Lake et la Nation crie Beardy’s et Okemasis.

« La clé pour résoudre les problèmes de faim se trouve dans les communautés autochtones elles-mêmes », affirme Glenn Checkley, gestionnaire de programmes à CFTC.

« Nous sommes là pour les aider à accéder au financement dont elles ont besoin pour soutenir la réappropriation des connaissances ancestrales et des méthodes de culture de la terre qui contribueront à offrir un avenir meilleur et plus sain à leurs enfants et à leur terre. »

Augmenter les espaces verts et réduire les émissions de carbone

Jennifer Cameron, qui œuvre pour la sécurité alimentaire dans la Nation crie Beardy’s et Okemasis, participe aussi à faire revivre les pratiques autochtones comme la pêche, la chasse, la récolte et la conservation des aliments.

Glenna et Jennifer ont toutes les deux à cœur ce regain d’intérêt pour la sagesse autochtone dans leur communauté.

Grâce à la subvention octroyée dans le cadre du défi TD Prêts à agir et visant à soutenir le rétablissement après la COVID-19 et à renforcer la résilience des collectivités, Jennifer et son équipe du centre Willow Creek Health dirige un nouveau projet de forêt nourricière dans la Nation crie Beardy’s et Okemasis.

Dans la nouvelle forêt nourricière de la communauté de Jennifer, d’une superficie de 1 000 pi x 150 pi, des aliments actuellement inabordables, comme des pommes, seront offerts gratuitement aux membres de la bande inscrits.

« Les forêts nourricières peuvent offrir tellement plus que des fruits et des baies, dit Jennifer. Elles s’épanouissent pour devenir de magnifiques espaces verts où les gens de la communauté locale peuvent se rassembler pour manger, apprendre et jouer. »

« La plantation d’arbres permet aussi d’éliminer le dioxyde de carbone dans l’air », explique Jennifer, qui souligne l’influence des forêts nourricières dans la lutte contre les changements climatiques. « À long terme, nous espérons pouvoir réduire les émissions de carbone produites par les camions qui viennent livrer les aliments en cultivant nos propres fruits et légumes dans notre milieu de vie. »

Cultiver des aliments sains et bâtir des communautés plus saines

La forêt nourricière nous rappelle notre interconnectivité avec le vivant et peut aussi contribuer à améliorer la santé nutritionnelle et mentale de la communauté et à créer des occasions économiques.

« Ce qui rend les forêts nourricières formidables, c’est qu’une fois qu’elles commencent à produire en quantités importantes, elles peuvent devenir une source de profit, notamment par la fabrication de confitures et la vente des produits aux touristes, lorsqu’ils pourront revenir nous visiter », affirme Jennifer.

Elle voit également les membres de la communauté s’intéresser davantage à la création de leur propre potager et à l’apprentissage de la chasse, de la trappe, du dépeçage et de la préparation de la viande.

« Nous avons déjà mis beaucoup d’effort pour faire un pont entre les générations grâce à la forêt nourricière comme point de départ », déclare Jennifer.

« Nous consultons nos aînés à propos des plantes médicinales, dont l’usage a été oublié, et pour leurs connaissances et leurs habiletés à la chasse », dit Jennifer.

« La forêt en elle-même est devenue un centre d’apprentissage en plein air pour nos ateliers sur la terre et la nutrition, avec des bancs et des espaces pour cuisiner, où les aînés et les enfants peuvent se réunir et tisser à nouveau les liens qui ont été brisés. C’est incroyable de voir tout l’enthousiasme des gens lorsqu’on leur apprend des connaissances ancestrales et leur relation avec l’environnement. »

Le changement commence avec les enfants et les aînés

Grâce aux conseils des aînés de la Nation crie de Muskeg Lake, le projet pilote de forêt nourricière est déjà bien en voie de devenir un écosystème entièrement viable qui aidera à faire renaître des espèces de plantes indigènes, comme la rhubarbe, la canneberge, l’amélanche et la camerise, ainsi que des plantes médicinales, comme la sauge et le foin d’odeur.

Parallèlement, Glenna a aussi constaté un changement positif dans sa communauté, comme les jeunes qui utilisent les bacs à déchets adéquats et encouragent les autres à faire la même chose.

« C’est un petit changement, mais un symbole fort qui indique que le projet de forêt nourricière a une incidence positive sur la relation des jeunes membres de la communauté avec l’environnement. »

En somme, les projets de forêt nourricière de CFTC bénéficieront à près de 11 400 membres des communautés autochtones par année (bénéficiaires directs et indirects) et permettront de planter plus de 2 000 arbres et 1 500 arbustes, de mobiliser et de former plus de 120 nouveaux ambassadeurs de l’environnement, et de revitaliser au moins 10 acres de territoire.

Jennifer et Glenna ont de grands rêves pour l’avenir de leurs forêts nourricières.

« Nous travaillons à élaborer une stratégie de récolte avec d’autres communautés en vue de futures possibilités commerciales », déclare Glenna.

« Si nous tirons profit de nos récoltes dans différents sites, nous pouvons bâtir un réseau d’échange avec d’autres communautés autochtones, comme nos ancêtres l’ont fait avant nous. »

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