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Par Ozhaashko Bines (Blue Thunderbird)
• 22 juin 2022
TD Bank Group

Boozhoo. Ozhaashko Bines ndigo, Name ndoodem, Gojijiing ndoonji.


Dans la langue ojibwée, cette phase signifie : « Bonjour! Les esprits me reconnaissent en tant qu’Ozhaashko Bines. » J’appartiens au clan de l’esturgeon et je suis membre de la Première Nation de Couchiching. »

Mon nom est Ozhaashko Bines, ce qui signifie « oiseau-tonnerre bleu ».

Mais, je ne me suis pas toujours appelé ainsi. À ma naissance, mes parents m’ont nommé Marc Morrisseau. Mais ce n’était pas qui j’étais.

Dans ma culture, on nous donne traditionnellement le prénom par lequel les esprits qui nous entourent nous reconnaissent. Ce nom nous est révélé par les sages de la communauté, dans le cadre d’une cérémonie.

J’ai utilisé mon nom anglais jusqu’en 2019. J’avais alors 22 ans. C’est à ce moment que j’ai eu le privilège de participer à une cérémonie de la danse du soleil, au cours de laquelle un sage de ma communauté autochtone m’a dévoilé mon véritable nom : Ozhaashko Bines.

À l’occasion de cette cérémonie, le sage m’a accueilli dans une maison. Il m’a observé pendant un long moment; il semblait percevoir les esprits qui m’entouraient.

Puis il a parlé : « Je ne vois qu’une seule couleur... bleu. »

Les sages se sont consultés encore un moment, puis ont prononcé le nom qui serait le mien : Ozhaashko Bines. J’ai tout de suite demandé ce qu’il signifiait, et les anciens m’ont répondu : « Tu es un oiseau-tonnerre bleu ».

Je suis reconnaissant de connaître mon véritable nom, même si ça me préoccupe de ne pas comprendre sa pleine signification.

J’ignore ce que mon nom veut dire, parce que ma famille ne le sait pas non plus. La colonisation a effacé notre langue, nos traditions et notre culture pour plusieurs générations. À ce jour, mon peuple travaille encore à se les réapproprier.

La honte des pensionnats autochtones

Même si ça peut sembler étrange et que certains ne comprendront pas, j’ai choisi de changer mon nom et de me faire appeler Ozhaashko précisément parce que j’ignore sa signification.

Mes parents n’ont pas reçu ces enseignements tout simplement parce que même la génération précédente ne les avait pas reçus. J’ai retrouvé mes ancêtres aussi loin que mes grands-parents se souvenaient, et même eux n’avaient pas le souvenir qu’un membre de notre famille avait porté un nom autochtone.

C’est le système de pensionnats canadien qui est en cause. Ce système a été conçu pour « tuer l’indien dans l’enfant » et assimiler les peuples autochtones à la culture eurocanadienne dominante.

Même si mes grands-parents ont « survécu » à ce système, il leur a presque tout volé. Je mets ici le mot « survécu » entre guillemets, car même s’ils en sont sortis vivants, ce système a réussi à tuer une partie d’eux-mêmes qu’ils ne pourront jamais récupérer.

En posant le geste simple d’adopter le nom d’Ozhaashko, j’ai le sentiment de faire un pas de plus pour me réapproprier l’identité dont je n’ai pas eu le privilège de vivre pleinement dans mon enfance.

Une crise d’identité

Les jeunes autochtones d’aujourd’hui font face à une crise identitaire. Cette crise les amène à se sentir déconnectés de leur culture, un sentiment qui semble plus présent dans les centres urbains.

Je me souviens d’une conversation que j’ai eue avec une camarade de classe. Nous étions en classe d’ojibwé, et cette camarade se plaignait de ne pas avoir appris cette langue en grandissant et d’avoir à le faire maintenant. Enfant, elle n’avait même pas été consciente de cette langue qui est pourtant celle de ses ancêtres. Ce n’était tout simplement pas un sujet d’intérêt dans sa famille.

J’ai compati avec elle. J’ai eu ce même sentiment en grandissant. Je n’étais pas vraiment sensibilisé à ma culture. Même si je me rendais parfois à des pow-wow avec ma grand-mère, j’ignorais la raison d’être de ces cérémonies et ce que signifiaient les danses et les chants.

En vieillissant, j’ai commencé à réaliser l’importance de participer activement à ma culture, pour moi, mais aussi pour les générations futures.

Je dois prendre part à ces événements traditionnels pour la seule et unique raison que mes grands-parents n’ont pas eu le droit d’exprimer leur croyance. Ils ont été contraints de tourner le dos à leur culture. Leur nom autochtone traditionnel leur a été dérobé et a été remplacé par des noms européens.

Si je ne prends pas soin de me réapproprier mon identité autochtone, ce sera encore plus difficile – voire même impossible – pour les générations futures d’entreprendre cette démarche.

En surface, il n’y a rien de mal dans le nom que mes parents m’ont donné. Il n’en reste pas moins que ce nom ne représente pas qui je suis.

La force de la diversité et de l’inclusion

Je n’ai pas appris ma langue lorsque j’étais enfant. C’est bien la preuve du « succès » du système de pensionnats autochtones et des différentes lois qui ont été adoptées par le gouvernement canadien pour assimiler mon peuple.

Même si je vous écris aujourd’hui de Fort Frances, en Ontario, une ville qui se trouve sur le territoire traditionnel reconnu par le Traité no 3 et les terres d’origine du peuple ojibwé – mon peuple – je tiens à ce que tous les Canadiens comprennent ce parcours.

Je souhaite que tous les Canadiens soient conscients que la diversité est une force. J’aimerais que le Canada soit un endroit où tous se sentent accueillis et aient le loisir d’affirmer leur véritable identité.

Je suis fier de me réapproprier ce qui a été volé à ma famille. Cette culture qui a été presque perdue au cours de l’histoire. Quelque chose que beaucoup tiennent pour acquis.

Je me réapproprie mon nom.

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